Quelle est la recette de l’apéritif kir normand ?

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Dans les années 1900, il était difficile de prévoir que le blanc cassis, originaire de la Bourgogne, deviendrait un produit français sollicité par toutes les régions. Fruit du hasard, comme l’ont prétendu certains, ou invention mûrement réfléchie, comme d’autres l’ont pensé, le Kir doit son nom au fameux Chanoine Félix Kir, alors maire de Dijon. En autorisant à tous les liquoristes de Dijon la possibilité de se servir de son nom pour leurs cocktails à base de creme de cassis, à partir de 1955, le Kir est devenu tout simplement une liqueur dont la France d’aujourd’hui peut se vanter à travers le monde. Dans cette analyse, il sera question de s’intéresser particulièrement au kir normand. Qu’est-ce qui fait sa spécificité et le distingue par exemple du kir breton ? Comment réalise-t-on une recette de kir normand et avec quel amuse-gueule peut-on le déguster ? Voilà les questions auxquelles vous trouverez des réponses dans la suite.

Quelle est l’origine du kir normand ?

Malgré ses nombreuses variantes, le kir est un pur produit de Bourgogne. Est-il un fruit du hasard ? Certains n’hésiteront pas à répondre par l’affirmative. Et pour cause, ce mélange de vin blanc et de crème cassis, aujourd’hui tant apprécié, n’aurait jamais vu le jour si une serveuse n’avait pas accidentellement versé le vin blanc dans un verre de crème de cassis. Après cet incident, se pourrait-il que le maire de la Bourgogne, entre 1904 et 1908, Henri Barbant, ait été le premier à en boire et à solliciter que cette « découverte » soit désormais servie lors des réceptions dans les salons municipaux.

Gaston Gérard (maire de Dijon), pour sa part, fait savoir que si la crème cassis dijon a connu un tel succès lors des réceptions, ce n’est ni à la serveuse, ni au maire Henri Barbant qu’on le doit, mais bien à Aglaé Foveau, alors conseiller municipal. C’est lui qui, dans le souci de faire économiser de l’argent à la mairie, aurait suggéré qu’à défaut du champagne, le maire pourrait faire servir un vin blanc assorti de cassis à ses convives. Non seulement il réussirait à faire des économies, mais aussi il fera servir un produit local. D’où lui était venue cette idée ?

À côté de cette thèse économique à l’origine du vin blanc cassis, d’autres suggèrent que le kir serait l’invention d’un serveur de la rue Monchapet. À celui-ci, on attribue le désir d’améliorer un vin blanc ordinaire en y rajoutant un peu de crème de cassis. C’est donc en toute conscience que le vin blanc kir a été fabriqué, bien qu’il fût incapable de prédire ou de parier que sa crème cassis vin traverserait les âges. Ce n’est d’ailleurs que plus tard que le blanc-cassis prendra le nom de « kir », près d’une cinquantaine d’années après. Et ce nom, il le doit au député-maire de Dijon, le chanoine Kir qui autorisa (le 20 novembre 1951) Lejay-Lagoutte, fabricant dijonnais de crème de cassis à utiliser son nom pour commercialiser le blanc-cassis. Un an plus tard, ce nom est déposé à l’Institut national de la propriété intellectuelle. Et en 1955, celui qui avait bien voulu baptiser la crème cassis bourgogne décide d’accorder le privilège à tous les liquoristes de Dijon à s’approprier son nom pour leur cassis vin blanc. Il leur disait plus clairement : « vous avez toute latitude pour user de mon nom selon vos désirs ». Un nom commercial qui semble avoir parfaitement réussi en tout cas, si l’on s’en tient aux multiples variantes de blanc-casse qui existent. On n’oubliera cependant pas de rappeler qu’on doit à Auguste-Denis Lagoute, cafetier à Dijon, l’élaboration d’une recette pour industrialiser la production de la crème de cassis. C’est grâce à lui qu’elle est devenue un produit local. C’est aussi par son fait que le « rince-cochon » existe.

Que ce soit le Kir Royal, le Kir Impérial, le kir breton, le Kir Savoyard, le Kir Lorrain, le Kir Celtique, le Kir Auvergnat, le Kir Ardéchois ou le Kir Normand, tous ont finalement la même origine, la Bourgogne. C’est là qu’est né le blanc-cassis, à tout hasard, en toute conscience, pour répondre à une nécessité économique. La recette originale, bourguignonne, de cet aperitif, est un mélange de vin blanc et de crème de cassis. Le vin blanc utilisé dans ce cas était un Aligoté, l’un des deux cépages avec le Chardonnay, la bourgogne vin blanc… D’autres variantes remplacent le bourgogne aligote par du vin rouge.

Quelle est la différence entre un kir normand et un kir breton ?

Le cidre, produit de base du cassis kir est comme le Mont Saint-Michel pour les Normands et les Bretons. Chacun en revendique la paternité. Il y a toutefois une petite différence, c’est qu’après 150 ans de rivalité, le rocher a finalement été attribué à la Normandie dès 1009. Alors, qu’en sera-t-il du cidre ou du kir crème cassis ?

Une solution peut facilement être trouvée pour taire la rivalité entre les-uns et les autres. Pour ceux qui défendent cette idée, cette solution serait que la crème cassis cidre n’est ni normande, ni bretonne. Pour eux, ce produit local, dont chacun réclame la propriété, serait à bien regarder une pâle copie d’un breuvage plus ancien qui existait autrefois dans la Méditerranée. Nommé par les Hébreux « Chekar » et par les Grecs « Sikera », cet alcool auquel le cidre ressemble tellement serait un mélange de morceaux de pommes immergés dans de l’eau bouillante avec du miel.

Ce ne serait que plus tard, à la période médiévale, que cet alcool aurait atterri aussi bien en Normandie qu’en Bretagne, grâce à des marins basques qui les firent découvrir à des moussaillons normands et bretons au cours de leurs expéditions. L’histoire voudrait cependant qu’à partir du XIIe siècle un Normand du nom de Guillaume Dursus améliorât la fabrication de cette boisson antique et la fit exporter jusqu’en Savoie. Ce serait donc à lui que l’on doit la popularité du cidre en France. En outre, en termes de production de pommiers à cidre comme en termes de production de vin, la Normandie est de loin devant la Bretagne. À elle seule, la Normandie produit entre 10 et 35 tonnes par hectares. Ce qui lui permet de produire des centaines de litres vin par an.

Doit-on conclure qu’il n’y a pas de différence dans la recette crème cassis kir en Normandie comme en Bretagne ? Il serait risqué de le dire. Le kir breton lui aussi se fait à base de cidre, mais sans le Calvados qui est Normand. Alors, qu’en Normandie, on rajoute du Calvados à ces recettes cocktails.

Quelle est la véritable recette du kir normand ?

Le Twist normand, disons-le, remplace le vin blanc aligote de la Bourgogne crème cassis par du cidre. Donc à la place du vin blanc cassis kir, c’est du jus de pomme fermenté, renfermant entre 2 et 8% d’alcool, que l’on rajoute à la crème de cassis. Mais pour faire la différence entre ce qui se produit ici et ce qui se fait en Bretagne, les Normands ont décidé d’y rajouter un autre produit local, le calvados. C’est une eau-de-vie obtenue à la suite de la distillation du cidre. Localement, il est possible d’avoir d’autres variantes du calvados avec d’autres fruits, notamment des saveurs de poire.

Pour la préparation de ce cocktail normand, vous aurez besoin des ingredients suivants : cidre brut de Normandie (8cl), de calvados (2cl) et de crème de cassis (2cl). Cette recette vous permet d’obtenir une flûte. Alors, si c’est pour deux ou quatre personnes, vous n’aurez qu’à augmenter le dosage de ces ingredients crème cassis. D’abord, versez dans une flûte à champagne (et pas dans un verre) la crème de cassis ! Ensuite, ajoutez-y du calvados et terminez par le cidre brut ! Votre préparation de Kir Normand est terminée. Vous pouvez déguster.

Réaliser un kir normand avec du vin blanc

Cela sonnerait d’emblée comme un crime de lèse-majesté en Normandie. Mais compte tenu des possibilités de créer des variantes de produits, comme ce kir normand s’est inspiré du chanoine kir en se transformant localement, on utiliserait idéalement un vin blanc de Normandie. En effet, la Normandie n’est pas uniquement une région cidricole. Certes, les vignes normandes ne sont pas aussi prospères que celles qu’on trouve ailleurs. Mais on retrouve ici et là quelques vignobles qui produisent encore de très bons flacons. Ces bouteilles rares, consommées le plus souvent localement, sont issues de l’unique viticulture de Normandie qui appartient à Gérard Samson. Les Arpents du Soleil, qui se déclinent aussi bien en vin rouge comme en vin blanc, se veulent des vins d’exception. Leurs nombreuses récompenses sont d’ailleurs le signe de leur reconnaissance.

Si vous envisagez une recette de kir normand avec du vin blanc à la place du cidre, vous pouvez toujours accorder vos faveurs à un vin blanc de l’unique vigneron normand. Mais dans l’impossibilité d’avoir une de ces bouteilles, vous pourrez toujours recourir à n’importe quel autre vin blanc. Mais pour régionaliser votre cocktail et lui donner une coloration locale, n’oubliez pas d’y rajouter de l’eau vie, du calvados ! Ce produit fait d’ailleurs toute la différence avec celui de son voisin.

Pour nous résumer à ce sujet, il serait possible de réaliser un kir normand avec du vin blanc de Normandie à la place du cidre. Cependant, compte tenu de la rareté de la production locale, on pourrait utiliser tout autre vin blanc, sans omettre de rajouter du calvados à sa préparation. Autrement, il ne s’agira plus du « blanc-cassis » normand, mais de n’importe quelle autre variante parmi la multitude qui existe. Si par exemple c’est du vin blanc de Savoie qui est utilisé, le produit final s’apparenterait davantage à un kir savoyard qu’à autre chose. Il en va de même si vous utilisez un litre vin rouge de Bordeaux ou un vin rose. Le résultat sera différent. Il ne sera plus normand. Mais si vous utilisez un poire domfront AOC, vous aurez sans doute un kir normand.

Quel amuse-gueule servir avec du kir normand ?

La cuisine normande est aussi riche que variée. Et pour un apéritif réussi, rien de mieux que des amuse-bouche de la localité ! On peut en « faire maison », comme on peut en acheter. Mais plusieurs possibilités s’offrent à vous. Dans ce registre, vous avez diverses recettes cuisine de Normandie de feuilletés. Parmi celles disponibles, vous trouverez les recettes de Feuilletés Normand façon crumble et les Feuilletés au Neufchâtel et aux pommes. Ces derniers sont appréciés à l’occasion de la Saint-Valentin, en souvenir de l’amour que les jeunes normandes portaient aux soldats anglais à qui elles servaient cet amuse-gueule durant la guerre de Cent Ans. Au nombre de ces recettes, vous trouverez aussi les Feuilletés chicons normands. Cliquez photo titre pour faire le choix de la recette qui vous convient ! Faciles à réaliser, ces amuse-gueules seraient un bon accompagnement à la dégustation de votre kir normand. En cliquant par exemple sur photo titre recette feuilletés normand, vous découvrirez les ingrédients qu’il vous faut pour réaliser cette recette vous-même.

Vous pouvez aussi bien vous intéresser au mini cheesecake de Normandie, pour une entrée plus gourmande. Toujours en ce qui concerne la cuisine normande et ces recettes d’amuse-gueules, vous trouverez la Tartine d’andouille ou une galette de pommes de terre au Pont de l’Évêque. Ces amuse-gueules tirent de la Normandie leur origine et originalité, de quoi vous ravir sans aucun doute.

Comme on peut le constater pour terminer avec cet article sur la recette de kir de Normandie, il s’agit de l’une des nombreuses variantes du Kir de bourgogne. Ce cocktail est réalisé à partir du cidre brut. Même si le cidre remplace le vin blanc, l’Aligoté utilisé à l’origine du kir (le cassis vin de Normandie) se distingue de celui de son voisin par l’eau-de-vie, le calvados qui y est ajouté. De là, découle toute son originalité, ce qui en fait un excellent apéritif à déguster avec la cuisine normande

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