Quelle est la recette du cocktail black russian ?

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Les origines du Black Russian

L’histoire du Black Russian démarre à la fin des années 40. Si son invention date probablement de 1949, ce n’est pas avant 1950 que l’on l’atteste comme établi, et seulement dix ans plus tard que sa réputation se fera.

Contrairement à ce que son nom semble indiquer, le Black Russian n’est pas un cocktail traditionnel des steppes de la Russie du nord, mais un cocktail d’origine belge, inventé dans un hôtel bruxellois, l’hôtel Métropole, par un barman du nom de Gustave Tops.

Sa création s’est faite en l’honneur de l’ambassadrice américaine au Luxembourg, Perle Mesta, et doit son nom à une fine référence à la Russie. Black, parce que la liqueur de café utilisée est bien entendu noire, et Russian à cause de la vodka qui alcoolise le breuvage. Mais le tout fait aussi référence subtilement aux tensions de l’époque entre le bloc de l’URSS et les Etats Unis, la guerre froide étant perçue par tous comme une période sombre, l’ombre de la Russie soviétique intimidant de nombreux pays du bloc occidental.

C’est dans les années 60 que le cocktail commence à s’internationaliser. Les Soviétiques avaient pour tradition, dans les soirées alcoolisées, de boire des verres de vodka pure « cul-sec », et de nombreux touristes ainsi que certains locaux ne supportaient soit pas le goût, soit pas la teneur élevée en alcool de cette boisson. Ajouter de la liqueur de café, voire, en plus, de la crème, était mal vu par les locaux, mais permit à ces touristes de pouvoir mieux apprécier ces coutumes et par la même occasion propagea ce cocktail dans tous les grands bars à travers le monde, de Moscou à Manhattan, en passant par Paris.

Mais le parcours du Black Russian et de sa variante, le White Russian, ou Russe blanc, est un peu chaotique malgré tout. La propagation de ce cocktail faillit s’arrêter par la faute de nombreux barmans usant de vodka de mauvaise qualité ou d’ingrédients absents de la recette originale, qui firent penser à de nombreux clients que le Black Russian était un cocktail de mauvaise qualité, ou tout simplement un très mauvais cocktail.

Mais heureusement, même s’il est encore absent des cartes de beaucoup de bars, sa réputation remonte grâce à l’application beaucoup plus raisonnable des recettes originales, qui plaisent beaucoup. Si les proportions et les ingrédients sont bien respectées, évidemment.

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La recette originale et classique du Black Russian

Comment séduire au mieux l’amateur de ce cocktail ? Avec la recette originale, sans aucun doute. Et cette recette, la voici, chacun des pas étant essentiel :

En tout premier lieu, il faut préparer tout le matériel nécessaire, à savoir : des glaçons, un verre de style « old fashioned » propre, une passoire et une cuillère à mélange, et un doseur. Il faudra pour élaborer le cocktail 2cl de liqueur de café et 5cl de vodka par personne et donc par verre.

Le rituel de préparation du cocktail commence avec l’évaluation de la propreté du contenant. Il faut mirer le verre, le regarder avec attention pour s’assurer qu’il ne contient rien de sale et qu’il est bien sec. Si cette condition est bien remplie, il faut ensuite remplir ce verre de glaçons. Le cocktail se doit d’être servi dans un verre bien givré, la glace est une condition nécessaire au respect de la recette de celui-ci. Pour bien givrer le verre, il faut ensuite remuer la glace à l’aide de la cuillère à mélange, le verre sera considéré comme bien givré quand ses parois le seront de façon égale sur toute leur surface.

La glace utilisée pour refroidir le verre aura forcément un peu fondu, et l’eau sous forme liquide est à proscrire avant de déverser les ingrédients. Il faut donc vider le verre de cette eau, tout en conservant les glaçons, à l’aide de la passoire à glaçons. Si vous pensez que la quantité de glace restante est insuffisante, n’hésitez pas à en rajouter un peu dans le verre.
C’est maintenant seulement que vous pourrez doser et ajouter vos ingrédients. La liqueur de café devra être versée en premier. Ajoutez la vodka, dans les quantités précises indiquées précédemment. La qualité de ces ingrédients devra évidemment être optimale pour un cocktail de qualité. La recette originale se faisait avec du Tia maria comme liqueur de café, mais le Kahlua est la liqueur la plus commune actuellement et convient parfaitement.

Plus que deux étapes à présent, les plus simples : à l’aide de la cuillère à mélange, on remue le cocktail pour bien homogénéiser celui-ci, puis on le sert. Un Black Russian se doit d’être consommé frais, une fois qu’il vous a été servi ou que vous l’aurez confectionné. Dans le cadre d’une réalisation professionnelle de cette recette, tout le service du client est à prendre en compte aussi. La recette doit être effectuée devant le client, les mains au-dessus du bar, avec des gestes bien visibles, un cocktail étant une consommation avec les yeux autant qu’avec les papilles gustatives.

Black Russian, White Russian, quelle est la différence ?

Le frère jumeau du Black Russian est le White Russian. Cocktail rendu célèbre notamment par le film des frères Coen « The Big Lebowski » où le « Duc » en fait sa boisson principale. Le Russe blanc a plusieurs raisons d’être populaire. Outre son apparition dans « The Big Lebowski », il est présent dans le film « Catwoman », et dans la série anglaise « The IT crowd ». Mais sa popularité est peut-être aussi due à son degré d’alcool légèrement inférieur à celui du Black Russian, ainsi qu’à une perception plus réduite de ce même degré grâce à sa composition lors de sa dégustation.

Si la recette du Black Russian comporte presque 70 % de vodka, grâce à la recette du White Russian, ce pourcentage diminue à 50, ce qui est une différence très sensible. La recette de ce cocktail est très simple. Aux 2cl de liqueur de café et aux 5cl de vodka du Black Russian, il suffit d’ajouter 3cl de crème, le tout en maintenant les étapes de confection du Black Russian évoquées plus haut. La recette est moins fixe, puisqu’il est loin d’être proscrit d’y ajouter du lait concentré sucré pour adoucir le goût, ou bien d’y faire infuser une gousse de vanille.

De nombreuses variantes de ce cocktail existent, plus ou moins proches de l’original. Pour transformer le Russe blanc en cocktail de Cuba, la vodka peut se changer en rhum par exemple. Si des envies d’exotisme ou une simple allergie au lactose vous prend, remplacer la crème par du lait de coco changera votre cocktail en Tito Russian. Le White Canadian, lui, remplacera la portion de crème par du lait de chèvre, et sa version mexicaine, le White Mexican, par du « horchata de chufa », sorte d’orgeat obtenu de tubercules endémiques du Mexique. Et la crème remplacée par du Baileys Irish Cream changera votre White Russian en Blind Russian. Et si malgré tout vous souhaitez conserver la crème, le Sortilège, liqueur de Whisky au sirop d’érable, pourra remplacer la liqueur de café et transformer votre cocktail en Nude Russian.

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Le Black Russian à la Guinness : L’Irish Russian

Deuxième variante intéressante du Black Russian, l’Irish Russian est un cocktail qui a pour particularité de mélanger de la bière brune, la Guinness, au Black Russian.

La recette est assez simple. Les ingrédients sont les mêmes que le Black Russian, mais on y ajoute de la Guiness ainsi que du Coca Cola. Pour réaliser ce cocktail, il faut procéder ainsi :

Au Black Russian réalisé précédemment, ajoutez un « splash » de Coca Cola, soit 6 millilitres de ce soft drink. Ajoutez et versez ensuite la Guinness pour remplir le verre à ras, en prenant grand soin de ne pas trop faire mousser la boisson. Cela demande un bon coup de main à prendre, et vos ingrédients doivent être très frais pour rester stables. Agiter ce cocktail pour bien mélanger les ingrédients sera plus risqué avec ce rajout de boissons gazeuses qui menaceront de faire déborder de mousse tout votre verre.

Ce cocktail est étonnant, avec des goûts assez changeants. Le goût initial que vous pourrez expérimenter est celui, fort et prononcé du café venant du Tia Maria ou du Kahlua, selon la liqueur que vous aurez choisie, puis la saveur de stout, douce, légèrement amère de la Guinness va prendre lentement le dessus. Le Coca ne sera pas un des goûts forts de ce cocktail, se contentant d’amener une présence un peu sucrée, servant de liant entre les différents composants de cette boisson hétéroclite.

Ce cocktail rompant avec le caractère classique du Black Russian original est parfait comme cocktail de fête ou pour dîner entre amis, à consommer avec moins de ritualisation que son modèle.

Les autres variantes du Black Russian

Outre l’Irish Russian, il existe d’autres versions de ce cocktail, que vous pouvez assaisonner et adapter à votre convenance. La plus sucrée est le Tall Black Russian. Préparée comme la version classique, cette version se sert dans un verre de plus grande taille. On y ajoute ensuite un cola en quantité non mesurée, pour atténuer la force du cocktail.
Si l’on conserve la recette originale et que l’on change le soda ajouté en Ginger ale, notre boisson devient un Brown Russian.

Pour les amateurs de cocktails plus acides et piquants, combiner les ingrédients originaux avec un filet de jus de citron et son zeste transformera le Black Russian en Black Magic.

Avec un nom qui ne rappelle en rien la recette originale mais avec des ingrédients similaires, l’Espresso Martini est un cocktail qui ne doit en rien son nom au vermouth italien Martini, fameux vin aromatisé à la liqueur. La recette de ce dernier consiste en la même quantité de vodka que le Black Russian, mais avec 1cl au lieu de 2cl de liqueur de café, de préférence Kahlua. Pour finaliser la recette et garder les proportions habituelles, il faudra rajouter 1cl de sirop de sucre de canne.

En résumé, il existe de nombreuses possibilités pour faire varier le Black Russian en gravitant autour des ingrédients originaux qui font le cœur de la recette, et il y en aura forcément une qui pourra convenir à tous les amateurs de cocktails !
Et bien évidemment, comme pour toutes les préparations à base d’alcool ou qui en contiennent, il est important de bien mesurer sa consommation et de boire avec modération.

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